Vous croisez un patou en randonnée et vous changez de sentier ? Des élèves de Plaisance-du-Touch aussi. Le salon Pyrénéo d'Ax-les-Thermes, en Ariège, a pris le pastoralisme pour thème : des éleveurs qui laissent leurs bêtes se nourrir de pâturages naturels. Voici ce que cela change sur le terrain, ours et chiens de berger compris.

En bref

  • Le salon Pyrénéo, à Ax-les-Thermes en Ariège, a pour thème le pastoralisme : des éleveurs qui laissent leurs animaux paître naturellement.
  • Les patous protègent les troupeaux des ours, prédateurs des brebis, que l'OFB estime à plus d'une centaine dans les Pyrénées.
  • Le risque d'être attaqué par un ours est quasi nul. Réflexes d'un éleveur ariégeois : ne pas courir, rester calme, s'éloigner.

Le chiffre clé : Plus de 100, ours bruns vivent aujourd'hui dans les Pyrénées, d'après l'Office français de la biodiversité.

Le pastoralisme laisse les bêtes se nourrir d'herbe, directement en montagne

Le salon Pyrénéo ouvre ses portes à Ax-les-Thermes, en Ariège, avec un thème qui touche à la vie même de la montagne : le pastoralisme. Le mot désigne une technique ancestrale. Les éleveurs laissent leurs animaux se nourrir naturellement, dans de verts pâturages.

Pourquoi laisser les troupeaux à l'herbe ? Parce que c'est la façon la plus directe de les nourrir : la montagne fournit le repas, et l'éleveur veille sur ses bêtes pendant qu'elles broutent. Cette logique est ancienne, et c'est ce qui la rend précieuse à raconter aux plus jeunes.

Pour vous qui marchez dans les Pyrénées, cela change le regard. Un troupeau sur un versant n'est pas un décor : c'est un métier qui s'exerce en plein air. Le salon en fait l'occasion d'une balade dans les montagnes et les forêts, avec des écoliers pour fil rouge.

Les enfants découvrent les patous en randonnée, parfois un peu trop impressionnés

Cette balade, ce sont des élèves de l'école Jacques Prévert, à Plaisance-du-Touch, en Haute-Garonne, qui la font. Ils connaissent déjà un peu le terrain : il leur est arrivé plus d'une fois de changer de sentier lors d'une randonnée dans les Pyrénées.

La raison tient en un mot : patou. Ces chiens de bergers gardent les troupeaux, et ils impressionnent parfois un peu trop les jeunes marcheurs. Premier enseignement : en montagne, un troupeau a ses gardiens, et on les croise sur le sentier.

Les patous ne sont pas là par hasard. Leur présence dans les Pyrénées s'explique en partie par les ours, à qui ils doivent faire peur. Car l'ours est un véritable prédateur pour les brebis, notamment.

Deuxième enseignement : certains enfants racontent avoir vu des ours dans les montagnes. Ce n'est pas une histoire de randonneurs pour se faire peur. C'est tout à fait possible.

Plus d'une centaine d'ours bruns vivent dans les Pyrénées, selon l'OFB

Combien sont-ils ? Il y a aujourd'hui plus d'une centaine d'ours dans le massif, d'après l'Office français de la biodiversité. Il s'agit d'ours bruns. Voici ce que l'on retient de l'animal.

RepèreCe que l'on sait
EffectifPlus d'une centaine d'ours bruns dans les Pyrénées
TailleJusqu'à deux mètres de haut, quand il se dresse sur ses pattes
PoidsJusqu'à 230 kilos pour les mâles
AlimentationPresque exclusivement des végétaux et des insectes
SuiviPièges photo, et chercheurs qui relèvent crottes, poils et dégâts

Ces données ne sortent pas de nulle part. L'ours est un animal très documenté : des pièges photo le surveillent, et des chercheurs répertorient les moindres crottes, les moindres poils, les moindres dégâts qu'il cause dans la nature.

Le paradoxe est là. L'ours est un vrai danger pour les brebis, mais il se nourrit presque exclusivement de végétaux et d'insectes. Éleveurs et patous composent donc avec un animal dont la viande n'est pas le menu ordinaire.

Le risque d'attaque est quasi nul, et un éleveur ariégeois a eu les bons réflexes

Premier point à retenir : le risque d'être attaqué par un ours dans les Pyrénées est quasi nul. Cela n'empêche pas les rencontres. Pas plus tard que cet été, un éleveur s'est retrouvé nez à nez avec un ours en Ariège.

Il a eu les bons réflexes, et ils tiennent en trois gestes :

  • ne pas courir ;
  • rester calme ;
  • s'éloigner le plus tranquillement possible.

Plus facile à dire qu'à faire, c'est vrai. Un reportage sur un épisode de début août, à 1 900 mètres d'altitude, en donne la mesure : un jeune ours, debout et la bouche ouverte, face à un éleveur et son chien.

Ce genre de scène réveille la peur de l'animal chez certains habitants et certains vacanciers. Le débat oscille entre l'envie de cohabitation et la crainte du pire.

En Béarn, une ourse et son ourson photographiés : une première depuis 2004

Côté béarnais, la nouvelle a marqué les esprits. Deux chasseurs ont réalisé des clichés exceptionnels d'une ourse accompagnée de son ourson dans les Pyrénées béarnaises. C'est une première depuis 2004. Ils ont aussi photographié une oursonne qui avait passé l'hiver seule et qui a survécu.

Ces images arrivent trente ans après le début des réintroductions. Le premier ours a été relâché dans les Pyrénées à Melles, en Haute-Garonne, le 19 mai 1996. Pierre-Yves Quenette, biologiste et chef du service conservation et gestion des espèces à enjeux à l'OFB, était présent ce jour-là.

Le bilan, lui, reste discuté, entre problème de consanguinité et attaques de troupeaux. La question a été posée au président de l'association Pays de l'Ours Adet.

Pour qui fréquente les vallées béarnaises, ces photos rappellent que l'ours n'est pas un sujet réservé à l'Ariège. Et que, sur les estives, éleveurs, patous et randonneurs partagent le même espace.

Vos questions

Qu'est-ce que le pastoralisme ?

C'est une technique ancestrale : les éleveurs laissent les animaux se nourrir naturellement de verts pâturages. Le salon Pyrénéo, à Ax-les-Thermes en Ariège, en fait son thème. Les patous, chiens de bergers, gardent les troupeaux.

Combien y a-t-il d'ours dans les Pyrénées ?

Plus d'une centaine, selon l'Office français de la biodiversité. Ce sont des ours bruns, qui peuvent atteindre deux mètres debout et jusqu'à 230 kilos pour les mâles. Ils sont suivis par des pièges photo et des chercheurs.

Que faire si l'on croise un ours ?

Le risque d'attaque est quasi nul. L'éleveur ariégeois qui s'est retrouvé nez à nez avec un ours cet été n'a pas couru, est resté calme et s'est éloigné le plus tranquillement possible. C'est plus facile à dire qu'à faire.

Sources : ici (France Bleu).